Législations de protection des victimes

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FRANCE

En France, l’esclavage et la traite des êtres humains ne constituent pas une infraction pénale. Des dispositions pénales répriment les atteintes liées à l’esclavage et à la traite, telles que les atteintes aux droits fondamentaux, à la dignité de l’homme, à son intégrité et à son identité.

Cependant, la lutte contre la traite des êtres humains est dévenue une priorité pour les pouvoirs publics et en décembre 2001, la Mission d'information commune sur les diverses formes d'esclavage moderne de l'Assemblée Nationale française a rendu public son Rapport d'Information "L’esclavage, en France aujourd’hui". A travers ce rapport, la France reconnaît, enfin, l’existence de situation d’esclavage et la traite des êtres humains. Il dénonce les lacunes juridiques et les déficiences dans l’aide aux victimes. Il préconise, entre autres, une incrimination spécifique et un statut pour les victimes. La mission rend hommage aux associations " en insistant sur l’aide qu’il faut [leur] accorder tant est grande et difficile la tâche de ces femmes et hommes au quotidien".

A la suite de ce rapport, l'Assemblée Nationale a adopté le 24 janvier une proposition de loi renforçant la lutte contre " les différentes formes d'esclavage aujourd'hui ". Cette proposition prévoit l'introduction dans le code pénal de la nouvelle incrimination de traite des êtres humains, aux fins d'exploitation sexuelle et économique.

Art. 225-4-1. - La traite des êtres humains est le fait, en échange d'une rémunération ou de tout autre avantage ou d'une promesse de rémunération ou d'avantage, de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l'héberger ou de l'accueillir, pour la mettre à la disposition d'un tiers, même non identifié, afin, soit de permettre la commission contre cette personne des infractions de proxénétisme, d'agression ou d'atteinte sexuelles, de conditions de travail ou d'hébergement contraires à sa dignité, soit de contraindre cette personne à commettre tout crime ou délit.

Les peines prévues sont de sept ans de prison et de 150 000 euro d'amende, ou de 10 ans de prison et 1,5 million d'euro si la victime est mineure ou particulièrement vulnérable, ou encore de 20 ans de réclusion et 3 million d'euro si l'infraction est commise en bande organisée. Les victimes qui coopéreront avec la Justice pourront bénéficier d'un permis de séjour et de travail.

 


Contact: Victims of trafficking - c/o CCEM - 31, rue des Lilas - 75019 Paris - France
Tél. 00 33 (0)1 44 52 88 90 -- Fax. 00 33 (0)1 44 52 89 09
Email: info@victims-of-trafficking.org


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