Législations de protection des victimes

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ITALIE

L’Italie est le seul pays européen à considérer la traite des êtres humains comme une forme contemporaine d’esclavage.

Les principaux instruments légaux utilisés pour lutter contre l’esclavage et la traite sont :

  • Article 600 du Code pénal (réduction en esclavage)

  • La loi Merlin de 1958 sur l’exploitation de le prostitution d’autrui

  • Les articles 609 et 630 du Code pénal relatifs à la séquestration de personne (retenue comme infraction complémentaire)

Les articles 600 à 602 du Code pénal condamnent la réduction en esclavage (art.600), la traite et le commerce des êtres humains (art. 601), ainsi que l’aliénation et l’achat d’esclaves (art. 602). Toutefois, ces dispositions sont incomplètes par manque de clarté et de précision et ne définissent pas l’esclavage et la traite.

Quant à leur application, seul l’article 600 a été appliqué jusqu’à présent.

Par ailleurs, son application se heurte à une difficulté majeure : l’impossibilité de prouver l’asservissement.

Ainsi, le 14 septembre 2000, la Commission justice du Parlement italien a élaboré un texte unifié (n° 5350) regroupant la modification de l’article 600 et l’insertion d’un article 602bis dans le code pénal.

L’article 600 prévu par ce projet de loi définit l’esclavage comme

"la condition d’une personne soumise, même de facto, au pouvoir correspondant aux attributs du droit de propriété ou d’autres droits réels."

La servitude est définie comme

"la condition de soumission d’une personne contrainte à fournir des prestations sexuelles ou d’autre nature."

Ce projet de loi définit également une nouvelle infraction, à savoir la traite des êtres humains, en introduisant un article 602bis.

"Quiconque force ou incite, par la violence, les menaces ou la tromperie, une personne à entrer, à quitter ou à rester sur le territoire national ou effectue des déplacements au sein du territoire national à des fins d'exploitation économique ou sexuelle ou à des fins de servitude sera passible d'une peine d'emprisonnement de huit à vingt ans."

La traite en vue de la prostitution est interdite par la loi Merlin de 1958. Toutefois, cette loi n’est plus en mesure de faire face aux changements intervenus dans le milieu de la prostitution et un projet de réforme à été présenté le 28 mai 1999 à l’initiative de députés.

Ce projet de loi prévoit des mesures répressives de la traite, ainsi que des mesures de prévention et d’assistance aux jeunes femmes souhaitant se soustraire au milieu de la prostitution. Des sanctions sous forme d’amende sont également prévues pour les clients, afin de les sensibiliser et les rendre conscients qu’un grand nombre de ces jeunes femmes n’ont pas choisi de se prostituer mais sont victimes d’esclavage.

Les mesures de protection et d’assistance des victimes de la traite des êtres humains sont énoncées dans le Texte Unique des dispositions relatives à la réglementation de l’immigration et à la condition des étrangers (Decreto legislativo 25 luglio 1998 n°286).

La protection et la réhabilitation des victimes sont au cœur de la question et ne sont pas conditionnées à la coopération avec les institutions judiciaires.

L’article 18 du Texte Unique prévoit en effet la délivrance d’un permis de séjour spécial destiné aux étrangers victimes de " situations de violence et d’exploitation grave ".

Le règlement d’application de cette loi (decreto del Presidente della Repubblica n° 394) précise les modalités de cette régularisation.

Une demande de permis de séjour spéciale peut être introduite par :

  • le Procureur de la République, lorsque l’étranger a fait des déclarations lors d’une procédure pénale ;

Dans ce deuxième cas, il revient au préfet d’évaluer lui-même l’existence d’un danger suite aux tentatives de la victime de se soustraire aux groupes criminels.

La délivrance du titre de séjour est soumise à la condition que l’étranger participe au programme d’aide et d’intégration sociale mis en place par les associations agréées ou par les services sociaux des collectivités locales.

Les victimes intégrées dans un de ces programmes bénéficient de l’assistance médicale, peuvent accéder à des cours de formation, s’inscrire aux bureaux pour l’emploi et exercer une activité professionnelle.

Le permis est valable six mois, renouvelable si la procédure judiciaire le demande. Il peut également être renouvelé lorsque la victime dispose d’un contrat de travail en cours ou être transformé en titre de séjour pour étudiant si elle est inscrite dans un établissement scolaire ou universitaire.

Le règlement d’application de la loi (decreto del Presidente della Repubblica n° 394) a créé la Commission interministérielle pour l’application des mesures relatives à la protection des victimes.

Cette commission se compose des représentants des ministres de l’Egalité des chances, de la Solidarité sociale, de l’Intérieur et de la Justice. La Commission sélectionne les programmes de protection et d’assistance aux victimes en vue de leur financement et en contrôle les activités.

En 2000, le Gouvernement italien a affecté 8 millions d’euros pour l’application de l’article 16 de la loi n°40/98.

49 projets, repartis sur 14 régions d’Italie, ont été financés. Ces projets prévoient des activités diverses : travail de rue, secrétariat social, constitution de réseaux, intégration sociale et accompagnement, insertion professionnelle, bourses d’étude. Par ailleurs, un numéro vert national (800 290 290) a été activé en fin d’année 2000 afin de répondre aux demandes d’aide ou d’information.

 

 


Contact: Victims of trafficking - c/o CCEM - 31, rue des Lilas - 75019 Paris - France
Tél. 00 33 (0)1 44 52 88 90 -- Fax. 00 33 (0)1 44 52 89 09
Email: info@victims-of-trafficking.org


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